Pour moi, c’est Millet, le peintre essentiellement moderne, grâce auquel l’horizon s’est ouvert devant nous  Vincent VAN GOGH Jean-François Millet est né le 4 octobre 1814 à Gruchy, près de Cherbourg, dans une famille très  unie, de paysans modestes. Il y recevra une solide éducation. Sa culture fera, tout au long de sa vie,  l'admiration de ses  amis et de ses visiteurs. Son père prit conscience que son fils  avait pour le dessin un don affirmé et l'encouragea à le cultiver.  En 1833 il l'inscrivit à Cherbourg dans l'atelier de Dumouchel. En 1837, la ville de Cherbourg lui octroie  une bourse pour qu'il puisse faire les Beaux-Arts à Paris où il s'inscrit dans l'atelier de Paul Delaroche.  Malgré un premier succès au Salon de 1840, faute d’argent, il rentre à Cherbourg où il  s'installe  comme portraitiste. En 1841, il épouse Pauline-Virginie Ono et retourne vivre avec elle  à Paris. A la  mort de sa femme, en 1844, il rentre à Cherbourg  qu'il quitte définitivement en 1845, avec  Catherine Lemaire, une servante devenue sa compagne. Arrive 1849 et l'épidémie de choléra. Millet, Catherine Lemaire et leurs trois enfants partent avec la  famille de Charles Jacque chercher refuge à l'orée de la forêt de Fontainebleau, à Barbizon. Parti  pour quelques semaines, il y restera le reste de sa vie et c'est là qu'il produira l'essentiel de son  œuvre. Il y trouvera un lieu, un paysage, des amis, un hameau de paysans qui lui évoquait son village  natal et une ambiance de peintres, qui, tout comme lui, luttaient pour s’imposer dans un courant,  qu’on a appelé plus tard « l’Ecole de Barbizon ».   Dans ce hameau de bûcherons et de pauvres laboureurs, il vivra entre son atelier et son potager,  élèvera ses  neuf enfants et ne cessera de réfléchir aux liens de l'homme et de la nature.  Très affaibli, il meurt le 20 janvier 1875 dans cette maison. Trois semaines auparavant, le curé avait  accepté de le marier religieusement à Catherine Lemaire, la mère de ses neuf enfants, qu'il avait  épousée civilement en 1853, quelques mois après la mort de sa mère.